Saint-Domingue et Sud-Est
De la première cathédrale des Amériques aux cenotes de La Altagracia, la région où nous démarrons la plupart de nos circuits dominicains.
Saint-Domingue et le Sud-Est forment la porte d'entrée historique et logistique du pays. C'est ici, sur la rive ouest du fleuve Ozama, que Bartolomé Colón fonda en 1498 la première ville européenne des Amériques. La Zone Coloniale, classée à l'UNESCO en 1990, tient sur environ 1 km² : la calle Las Damas pavée en 1502, la Catedral Primada de América achevée en 1540, l'Alcázar de Diego Colón et le Panthéon national se parcourent à pied en une journée. Nous y débutons la plupart de nos circuits car l'aéroport international Las Américas se trouve à 30 minutes à l'est du centre.
Au-delà de la capitale et de ses 3,5 millions d'habitants, la région s'étire le long de 200 km de côte caraïbe jusqu'à la pointe est de l'île. Le relief reste plat, dominé par la cordillère orientale qui culmine à 736 m au Loma Vieja, et par d'immenses tables calcaires percées de grottes et de cenotes. La province de La Altagracia, la plus orientale, concentre les caféiers, les cocoteraies et les champs de canne qui alimentent encore les centrales sucrières de San Pedro de Macorís et La Romana.
La culture y est métissée : héritage taïno visible dans les pictogrammes de la Cueva de las Maravillas, présence afro-dominicaine forte autour de Villa Mella où le gagá et les confréries du Saint-Esprit perpétuent des rituels inscrits au patrimoine immatériel de l'UNESCO, et communautés cocolos descendantes des travailleurs anglophones venus des petites Antilles au XIXe siècle pour les sucreries. À San Pedro, les danses du Guloya se tiennent encore chaque 6 janvier. Côté table, nous orientons nos voyageurs vers le mofongo de plantain vert pilé au mortier, le pescado con coco de la côte est, et le chenchén de maïs concassé typique du Sud.
Bayahibe, ancien village de pêcheurs fondé par des familles puerto-ricaines en 1874, sert de base aux sorties vers l'île Saona et l'île Catalina, toutes deux comprises dans le parc national Cotubanamá (anciennement parc national de l'Est). Ce parc protège 791 km² de forêt sèche subtropicale, des mangroves et des récifs où l'eau plafonne à 28°C toute l'année. Plus à l'est encore, Punta Cana et Bávaro alignent 50 km de plages bordées de cocotiers et d'hôtels tout-inclus. Nous ne les ignorons pas, mais préférons proposer des nuits dans les villages de pêcheurs de Boca de Yuma, à l'embouchure du río Yuma, ou des baignades dans les cenotes d'eau douce de Hoyo Azul et de la réserve Indígena Eyes, moins fréquentés en milieu de semaine.
L'économie régionale repose sur le tourisme (l'aéroport de Punta Cana est le premier des Caraïbes avec plus de 8 millions de passagers par an), la canne à sucre et la pêche artisanale. Mais l'arrière-pays reste agricole : nous traversons en route vers Higüey, capitale spirituelle du pays avec sa basilique en béton brut achevée en 1971, des paysages de pâturages à zébus et de petits bourgs où le merengue típico de l'accordéon résonne tard le soir. C'est ce contraste entre la façade balnéaire ultra-équipée et un intérieur encore rural qui justifie, à nos yeux, d'y consacrer plus que les trois jours habituels.
À découvrir
Zone Coloniale de Saint-Domingue. Une journée à pied entre la Catedral Primada de 1540, les ruines de l'hôpital San Nicolás de Bari et la Fortaleza Ozama. Nous terminons par un café à l'ombre du parc Colón, là où les joueurs de dominos s'installent en fin d'après-midi.
Île Saona depuis Bayahibe. Traversée en bateau d'environ 45 minutes à travers les mangroves du río Chavón puis baignade sur les bancs de sable à fleur d'eau de la piscine naturelle, à 1 m de fond et 28°C.
Parc national Cotubanamá. Randonnée de 3 heures dans la forêt sèche jusqu'aux pictogrammes taïnos de la Cueva del Puente, puis snorkeling sur les coraux protégés de la Catalinita, fréquentés par les tortues vertes.
Villa Mella et le gagá. À 30 minutes au nord de la capitale, nous assistons aux répétitions des Cofradías del Espíritu Santo, percussions et chants afro-dominicains hérités du Congo, classés patrimoine immatériel de l'UNESCO en 2001.
Boca de Yuma et la Cueva de Berna. Déjeuner de poisson grillé au lambí chez les pêcheurs à l'embouchure du río Yuma, puis descente dans une grotte calcaire ornée de 300 pictogrammes taïnos, rarement visitée par les groupes.
Quand y aller
La meilleure période pour visiter Saint-Domingue et le Sud-Est s'étend de décembre à avril : températures de 24 à 29°C, humidité modérée, ciel dégagé la majeure partie de la journée. Mai et octobre sont les deux mois les plus arrosés, avec des averses brèves mais intenses en fin d'après-midi (cumuls mensuels de 150 à 200 mm autour de la capitale). Nous évitons de programmer des sorties bateau vers Saona entre fin août et mi-octobre, période de pic de la saison cyclonique : statistiquement, 75% des tempêtes tropicales qui touchent l'île arrivent dans cette fenêtre.
L'été (juin à septembre) reste praticable mais lourd : 30 à 33°C avec 80% d'humidité, particulièrement à Saint-Domingue où l'effet d'îlot urbain se fait sentir. La côte de Bayahibe et Punta Cana, exposée aux alizés, se révèle plus respirable que l'intérieur des terres. La mer reste baignable toute l'année, autour de 26 à 29°C selon la saison.
Conseils pratiques
Nous recommandons un minimum de 4 jours pour cette région : 2 jours dans la Zone Coloniale et ses environs, 2 jours sur la côte est entre Bayahibe et le parc Cotubanamá. Les voyageurs qui veulent ajouter Punta Cana, l'arrière-pays de Higüey ou les villages de pêcheurs de Boca de Yuma comptent 6 à 7 jours. Les deux points d'entrée sont l'aéroport Las Américas (SDQ) à Saint-Domingue et l'aéroport international de Punta Cana (PUJ) à l'extrémité est, distants de 200 km soit 2h30 par l'autoroute du Coral.
La région se combine logiquement avec la Cordillère Centrale (3h de route vers Jarabacoa pour la fraîcheur d'altitude) ou la Péninsule de Samaná (4h vers le nord-est, idéale de janvier à mars pour les baleines à bosse). Le niveau de confort est élevé : hôtels de charme dans la Zone Coloniale, lodges en bord de mer à Bayahibe, resorts tout-inclus à Bávaro pour ceux qui le souhaitent. C'est une région qui convient autant aux familles avec enfants (plages calmes, distances courtes) qu'aux voyageurs intéressés par l'histoire coloniale et la culture afro-caribéenne. Les randonneurs et amateurs de montagne préféreront enchaîner rapidement vers la Cordillère.






